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Fresque du climat organisée par les doctorants de l'antenne Sénégal de l'UMI SOURCE

Le jeudi 3 novembre 2022, une fresque du climat a été menée au sein du laboratoire littoral à l’IRD de Hann Mariste à Dakar (antenne UMI SOURCE du Sénégal). Elle était animée par Mansour Nguirane, doctorant (UMI SOURCE, UCAD) qui travaille notamment sur la gestion des ressources en eau dans le bassin arachidier, avec l'appui de Lenaig Moing (Volontariat International en Administration, IRD UMI SOURCE au Sénégal). Ce jeu de cartes est un dispositif ludique permettant de facilement former les jeunes élèves aux enjeux du changement climatique.

le 3 novembre 2022

03 novembre 2022
Campus de Hann, Dakar, Sénégal 

La fresque du climat 

Le concept de fresque du climat prend naissance dans les mains de son créateur, Cédric Ringenbach, ingénieur, conférencier et consultant en transition énergétique.

En 2015, ce dernier est confronté aux difficultés persistantes des élèves lors de cours sur le climat. Les étudiants n’arrivent pas à comprendre l’interdépendance des phénomènes climatiques, ils possèdent pourtant de solides connaissances théoriques mais n’ont pas de vision holistique. Cédric expérimente alors avec ses élèves un format d’atelier où il leur propose de remettre dans l’ordre une quinzaine de graphiques du GIEC.

En les observant interagir ensemble, il s’est rendu compte de l’extraordinaire potentiel pédagogique de cet exercice et a décidé de réitérer l’expérience lors de chacun de ses cours.
Il a amélioré le support jusqu’à sa forme actuelle, puis l’a partagé sous licence Creative Commons.
La fresque du climat est aujourd’hui un outil redoutablement efficace de vulgarisation scientifique. Les doctorants de l’UMI SOURCE à Dakar, la plupart spécialisés sur les questions d’hydrologie, de gestion intégrée de la ressource en eau et du littoral, ont pu bénéficier de cette expérience avec l’appui de Mansour Nguirane. Voici leurs différents témoignages.



Les témoignages de nos doctorants 

Mansour NGUIRANE : « L’idée de la fresque est de faire le lien et de transmettre une vision globale avec un vocabulaire clef. Cette approche est holistique et trouve sa source dans divers domaines de compétences. Un enjeu selon moi est de pouvoir toucher des personnes qui n’ont pas été formées, comme par exemple certains agriculteurs. On peut faire des fresques adaptées, pour les enfants par exemple ou en utilisant la langue nationale. En tout cas il faut se préparer, car le territoire est vulnérable. On peut citer quelques exemples tragiques : le phénomène d’érosion aggravé qui a lieu à Rufisque, le lac Tanma qui est passé de l’abondance à l’assèchement, le manque de ressources alimentaires qui touche les îles du Saloum. J’espère que la justice climatique sera portée au niveau de la COP ».

Matar SYLLA : « Cette fresque du climat nous a permis de ré-apprendre certaines connaissances qu’on avait pu oublier, mais aussi de découvrir de nouvelles données scientifiques et de les utiliser. C’est intéressant de voir la multitude de conséquences et d’en débattre. Dans tous les cas, l’urgence est bien présente et la question est la suivante : comment se comporter ? Maintenant que l’on sait quelles sont les conséquences du dérèglement, comment agir ? Je pense pour ma part que l’un des moyens d’action efficace est la sensibilisation, l’éducation à la préservation de la biodiversité. »

Set SOW : « C’était la première fois que je faisais cet exercice. C’est très impactant de comprendre et de voir l’ensemble des conséquences du changement climatique. Cet atelier devrait être multiplié au nouveau des écoles, pour comprendre vraiment la réalité derrière le mot changement climatique. Il y a des solutions qui existent, comme utiliser plus d’énergie propres, produire et cultiver de manière respectueuse. Eviter de recourir à des énergies fossiles, quitte à revoir nos modes de vie. »

Cheick DIENG : « Ce jeu constituerait une superbe initiation à la climatologie. On retrouve plusieurs grandes notions, avec le bilan énergétique, l’effet de serre additionnel tout cela expliqué de manière simple. En plus, au fur et à mesure de l’atelier, on comprend l’ampleur des enjeux économiques et géostratégiques. Je pense qu’un moyen efficace pour lutter contre le changement climatique est d’adopter un nouvel modèle économique. Cette résolution doit avoir une portée politique. Il faut continuer à mettre en œuvre un vocabulaire pour l’environnement : résilience, aléas climatique, développement durable, transition énergétique. Il faudrait également punir l’écocide, qu’il y ait une véritable juridiction. En clair, il faut mettre en synergie tous les secteurs. »

Daouda FAYE : « D’après les discours, on ne peut arrêter de produire car les besoins s’accroissent. Mais pourtant, les ressources naturelles sont limitées. Selon moi, il faut atténuer ce phénomène de surproduction par la formation et la sensibilisation des citoyens. Mais cela implique que les personnes sensibilisées aient quelques notions sur l’enjeu environnemental. La fresque du climat répond parfaitement à ce besoin, c’est une introduction qui permet d’avoir les bases essentielles pour comprendre le changement climatique en quelques heures. »

Dangoura MOUHAMED : « Ce n’est pas ma première fresque, mais à chaque fois je m’implique avec la même passion. C’est vraiment un exercice d’intérêt général : que tout le monde puisse comprendre la dynamique globale du changement climatique. En plus, avec le temps, on finit par oublier certains processus. La fresque permet donc de nous remettre à jour au niveau des connaissances. Personnellement, je souhaite former des élèves et des parents d’élèves à cet exercice. Voir même l’adapter au territoire : pour chaque localité, quelles sont les stratégies ? Les changements sont bien présents, ici au Sénégal et ailleurs, et c’est un choc. Il faut s’adapter très vite, en espérant que la COP 27 qui se déroule en ce moment puisse apporter sa contribution. »